Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 07:00

Je relaye encore une info que j'ai beaucoup aimé (désolée pour ceux qui me suivent sur FB pour qui ça fait doublon...)

C'est à propos des conflits d'intérêt dans le monde médical.


A titre personnel, je pense que c'est quelque chose de dangereux et particulièrement inquiétant. Mais, à titre un peu plus professionnel, je pense que c'est encore pire. Les conflits d'intérêt dans le monde du handicap, dans la formation des paramédicaux etc... sont à l'origine de pas mal de choses que je critique aujourd'hui pour la prise en charge des enfants handicapés...


On se demande souvent pourquoi les méthodes alternatives ne se développent pas bien, une partie de là réponse est là je pense... Ce qui se pratique en France fait vivre des milliers de personnes, il ne faut pas l'oublier...

Bien sur ça nous fait hurler quand on est concerné, mais pour les personnes extérieures au handicap, ne pas accepter ce qui se fait en France, c'est soit "s'acharner", soit faire de la surstimulation, soit refuser le handicap de l'enfant etc etc...

A méditer donc...

 

On retiendra :

" Les conflits d'intérêts dans la formation médicale sont un facteur de risque sanitaire. Pour assainir le système, il ne suffit pas de déclarer ses liens d'intérêts, il faut ne pas en avoir. La transparence ne fait pas disparaître l'influence. Le vrai combat c'est l'indépendance. "

 


L'article vient d'ici : actusoin

 

Dans des associations ou sur Internet, des médecins apportent des informations indépendantes sur les médicaments, au grand dam des firmes pharmaceutiques.


C'est un peu David contre Goliath. D'un côté : des médecins qui refusent de se fier les yeux fermés aux informations sur les médicaments délivrées par les fabricants.

De l'autre : des firmes pharmaceutiques, seules détentrices d'études sur leurs produits, qui communiquent à grand renfort de publicités, de séminaires et de visiteurs médicaux.


Prescire, l'info indépendante

C'est dans cette bataille que se lance un petit groupe de médecins et de pharmaciens à la fin des années 70. Leur crédo : l'information indépendante, leur arme : Prescrire. Le premier numéro de cette revue sort en janvier 1981.

Sans pub, ni actionnaire, le mensuel s'autofinance grâce aux abonnements. Trente ans plus tard, un lien financier avec une firme pharmaceutique reste un motif d'exclusion pour les rédacteurs. Pour autant, Bruno Toussaint, rédacteur en chef, ne considère pas Prescrire comme un «lanceur d'alerte». «

Prescire c'est avant tout un service de documentations scientifiques. Nous assurons une information indépendante et vérifiable par nos abonnés qui ont accès à nos données», explique Bruno Toussaint. En effet, Prescrire a beau remettre en cause l'intérêt du Médiator dès 1997, il faudra attendre 2010 pour que le scandale éclate.


Formindep, l'action en justice

Si Prescrire a pris le parti d'informer, une autre association a décidé d'aller plus loin. Fondé en mars 2004 par un généraliste du Nord, Philippe Foucras, Formindep mise sur l'action en justice. En 2009, l'association a ainsi saisi le Conseil d'Etat contre la Haute autorité de santé (HAS) pour non respect des règles de gestion des conflits d'intérêts dans ses recommandations sur le diabète et les maladies d'alzeihmer. En avril 2011, la HAS est obligée de faire machine arrière.

Pour Philippe Foucras, c'est une  victoire. Mais l'activiste ne compte pas en rester là. «Les conflits d'intérêts dans la formation médicale sont un facteur de risque sanitaire. Pour assainir le système, il ne suffit pas de déclarer ses liens d'intérêts, il faut ne pas en avoir. La transparence ne fait pas disparaître l'influence. Le vrai combat c'est l'indépendance.»


La voix des internautes

Les associations ne sont pas les seules dépositaires de cette lutte. Plusieurs sites et blogs de professionnels de la santé s'en font l'écho. Parmi eux : grangeblanche.com, créé par Jean-Marie Vailloud. Sur un ton léger, ce cardiologue marseillais fournit des notes liées à sa spécialité. «J'ai commencé en 2005.  Petit à petit, j'ai pris conscience du manque de voix indépendante face aux firmes. J'ai alors commencé à écrire sur les relations entre labos et médecins, sur des statistiques... Chaque post est lu par un millier de visiteurs. Il y a un effet d'entraînement grâce à Twitter et Facebook», raconte Jean-Marie Vailloud.

Parmi les sites à fortes audiences : atoute.org est incontournable. Après onze ans de fonctionnement, le site du médecin parisien Dominique Dupagne, affiche 1,4 million de visiteurs par mois ! «90% du trafic vient des moteurs de recherche. Les gens ne font plus confiance à l'information officielle ni même aux journalistes qui ont dit trop de bêtises sur la grippe AH1N1 en 2009. Ces journalistes n'avaient pas encore compris à quel point ils étaient manipulés par les experts», souligne le Dr Dupagne.


L'effet Mediator

Point commun à tous ces médecins poils à gratter des labos : leur notoriété a fait un sacré bond depuis l'affaire Mediator. Prescrire a ainsi gagné 5 000 abonnés en un an pour atteindre aujourd'hui les 35 000. Et la dizaine de communiqués de presse envoyés chaque mois aux médias sont davantage repris.  

«Nous sommes également écoutés par les autorités. Le projet de loi sur les médicaments intègre une partie de nos propositions, émises lors des Assises du médicaments au printemps dernier, sur les conflits d'intérêts. Notre but c'est la mise sur le marché uniquement de médicaments apportant un bénéfice supérieur à ceux déjà existant. Cela permettrait de réduire le nombre de produits et de mieux les connaître. Même si ce n'est pas suffisant, l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé)  va dans la bonne direction», estime Bruno Toussaint.

Formindep compte, elle, aujourd'hui deux cents adhérents, une centaine de plus qu'il y a deux ans. Mais son président se montre moins optimiste. «Le Mediator a fait avancer les mentalités. De plus, à la suite de notre recours en justice, la HAS a modifié ses pratiques de manière drastique, ce qui ennuie profondément l'industrie pharmaceutique. Nous sommes prêts à continuer, peut-être au niveau européen. Mais réussir à changer les choses en profondeur, je n'y crois pas», souligne Philippe Foucras.

En attendant, David a déjà marqué des points contre Goliath.

Judith Korber

http://www.actusoins.com/10162/ces-medecins-poils-a-gratter-des-labos.html

Par Za - Publié dans : Coups de gueule
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"Et puis, qu'es-ce que ça veut dire, différents? C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences..." (Anna Gavalda, "Ensemble c'est tout")

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