Partager l'article ! Secourisme, train, épilepsie: Drôle de titre n'es-ce pas? Pourtant tout va ensemble pour cet article. Vendredi dernier, j'ai eu l ...
Drôle de titre n'es-ce pas? Pourtant tout va ensemble pour cet article.
Vendredi dernier, j'ai eu la mauvaise idée de prendre le train un jour de départ en vacances... Gare et train bondés... Retards et compagnie. Mais, anniversaire oblige, je rentrais chez mes parents.
Après moultes galères pour pouvoir prendre LE train, j'y suis enfin, je m'installe et je commence à dormir réviser.
Le train part enfin, et quelques minutes plus tard, un monsieur hurle, « y'aurait pas un médecin dans le train? On a un gros problème là!!! »... Puisque personne ne réagit je me lève en expliquant je suis secouriste à un niveau poussé et que je pourrais peut-être être utile. Je travers donc le train bondé, en courant tant bien que mal. J'ai traversé presque TOUT le train!!!
J'arrive au problème en question, une femme qui devait avoir mon âge et qui venait de faire une crise d'épilepsie convulsive.
Elle l'avait senti venir puisque elle était au téléphone et avait dit « je vais en faire une »...
Les crises dites « de grand mal » sont très impressionnantes. Toutes les personnes autour étaient « traumatisées ». Certains se permettant quand même de dire : « mais non ça doit juste être de la spasmophilie »... (apprécisions ici le « juste », ainsi que le jugement posé sans aucunes connaissances, bref)
Comme chaque fois après une crise, la jeune fille était muette, elle ne bougeait plus, bavait, avait l'air de mourir de chaud. Elle ne répondait pas aux questions posées, bien trop complexes. N'avaient plus aucunes réactions en gros. Elle saignait de la bouche (le fait de se mordre la langue est un grand classique de ses crises). Voilà en gros pour le tableau.
Dans le train il y avait donc plusieurs centaines de personnes, et PAS UNE n'était formée à réagir!!!!!!!!!
Quand je suis arrivée, et comme presque toujours dans ces cas là, des murmures s'élèvent du genre « mais elle n'est pas médecin!!!! »... (super génial et toi t'es quoi?)
Donc, j'interviens, je prends discrètement son pouls (c'est un truc qui affole les spectateurs...) et vérifie sa respiration, je regarde qu'elle ne se soit pas fait mal. Je la rassure, je lui explique ce qui s'est passé (après une crise, les personnes épileptiques sont désorientées, elles ne se souviennent généralement plus de la crise.)
Je la déshabille un peu (chose qui m'a par la suite fait beaucoup réfléchir, car, quand on est conscient mais dans l'incapacité de bouger ou de réagir, je pense que ça doit être très traumatisant de se faire littéralement déshabiller. Même si c'est juste ouvrir les 3 couches qu'elle avait!)
Elle commence ensuite à pouvoir répondre à des questions simples : « tu descends à Givors oui ou non? » (signe de tête).
Même plusieurs minutes après la crise elle était prostrée. Je ne m'y connais pas particulièrement bien en épilepsie, je sais juste que cela est normal. Par contre elle semblait ensuite avoir des crises partielles (tremblement du menton par ex) et là je me demandais si c'était vraiment des crises ou pas...
Je me suis sentie très incapable, malgré ma formation. Car, en réalité, il n'y avait pas grand chose à faire, si ce n'est poser les bonnes questions, rassurer et surveiller que ça ne recommence pas.
Et puis toujours les mêmes questions après ce genre d'intervention...
Es ce que j'ai bien réagit? Es ce que j'ai fait tout ce qu'il fallait? Et surtout j'espère que je n'ai pas fait de bêtise! Comme chaque fois après une intervention la scène passe et repasse dans ma tête... Comment ça s'est passé après? (car je suis descendue à l'arrêt suivant et qu'elle descendais au terminus)
Avant que je parte tout le monde me demandais dans le train autour d'elle : « mais alors qu'es ce qu'il faut faire dans ces cas là?? J'ai rangé mon envie de répondre : se former au secourisme... dans ma poche et j'ai expliqué brièvement. Tout le retour à ma place les gens disaient : « alors vous l'avez sauvé?? »... Les réactions sont surtout des réactions de curiosité... Combien de personnes se formeront suite à ça?
Et si ça avait été un arrêt cardiaque? Le temps que j'arrive jusqu'à elle (approximativement 4-5 minutes) on aurait dépassé les 3 minutes fatidiques au bout desquelles il y a des séquelles irréversibles.
Quoi faire?
Si jamais la personne est debout et qu'elle sent la crise venir, tout faire pour la mettre en sécurité, à terre, couchée sur le côté, avec quelque chose sous la tête.
Si jamais la personne est par terre en crise, il ne faut rien faire, lorsque la crise est passée, si elle est inconsciente : Position Lattérale de Sécurité, sinon il faut qu'elle se mette dans la position où elle se sent le mieux, par exemple semi-assise si elle a du mal à respirer. (mais là elle était assise donc rien à faire de ce côté là).
Même en cas de crise partielle : blocage passager, ou une seule partie du corps, les risques de chutes sont très conséquents, y compris post-crise. Donc, là encore assoir ou coucher la personne.
Ne jamais rien mettre dans la bouche de la personne et surtout pas les doigts!!! Même si elle risque de se mordre la langue!
Ne jamais tenter d'empêcher la personne de bouger. La protéger dans la mesure du possible contre les chocs, surtout à la tête. Mais ne pas retenir les membres.
Si la crise dure longtemps, et que vous avez le médicament à disposition (valium rectal en général) il faut l'administrer.
Après la crise :
Ne pas manipuler pour rien, laisser se reposer +++, rassurer et expliquer +++, donner à boire de l'eau sucré lorsque cela est possible car la crise épuise littéralement.
Vérifier que le traitement a été suivi.
Prendre un avis médical en cas de doute ou si c'est la première fois que cela se produit.
Ne pas s'attendre à ce que la personne puisse immédiatement vous expliquer qu'elle est épileptique. Souvent elle sera incapable de faire quoi que se soit pour un long moment.
Ne jamais laisser la personne sans surveillance pendant un certain temps après la crise. Car une autre crise peut suivre et que la personne est épuisée.
Selon les circonstances, couvrir ou au contraire permettre de se rafraichir.
Comment différencier une crise d'épilepsie d'une crise de spasmophilie (= tétanie = crise d'angoisse = attaque de panique)? (réaction violente à un stress particulier en général). Lors de la crise de spasmophilie, il y a aussi des mouvements qui pourraient faire penser à des convulsions, mais qui n'en sont pas. En réalité il y a plutôt des phénomène de contractions des muscles en hyper-extension des membres. Mais ce n'est pas le signe principal. En spasmophilie il y a une hyper-ventilation très conséquente. Cela veut dire que la personne a un rythme respiratoire bien trop élevé. Engueuler la personne en crise pour lui dire de se calmer ne sert à rien!!!! (déjà vu...) Il faut tenter de rassurer, protéger des blessures. Il ne faut là encore rien mettre dans la bouche et ne pas essayer de desserrer les mains. Souvent la personne va se planter les ongles dans la paume de la main, mais cela n'est pas dramatique. Il faut mieux que ça soit dans sa main que sur sa gorge ou son ventre. (là aussi c'est du vécu).
La crise peut passer d'elle même, mais on peut les aider d'une manière que je ne suis pas sensée donner (c'est un geste qui, il me semble, est considéré comme médical mais bon...). Il s'agit de faire respirer la personne dans un sac plastique. En effet en crise de spasmophilie le problème c'est l'hyper ventilation. En appliquant un sac plastique autour du nez et de la bouche on envoie du CO2 au cerveau et "force" la personne à ce concentrer sur sa respiration ce qui a pour conséquence d'apaiser la crise. Bien sur il ne faut pas étouffer la personne hin! Régulièrement il faut enlever le sac de la bouche pour permettre à l'air de se renouveler. En général de cette manière la crise passe plus vite. Le sac doit être de taille assez petite.
Voilà mini cours de secourisme, mais je ne le dirais jamais assez FORMEZ VOUS! LE PSC1 PREND 1 JOURNÉE!!!!!!(PARFOIS 2)
"La différence est la plus belle chose que nous ayons tous en
commun..."
"Et puis, qu'es-ce que ça veut dire, différents? C'est de la foutaise, ton histoire de
torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences..." (Anna Gavalda,
"Ensemble c'est tout")
Le fond du blog, que j'ai créé exprès mais qu'on ne voit pas vraiment :
Vous avez dit :