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POURQUOI?

Article d'origine ici 

La communication alternative... encore une sacré bataille. Je ne comprendrais jamais pourquoi si peu d'enfants en bénéficient aujourd'hui...


Sur toutes les familles (une vingtaine!) rencontrées pendant les 10 jours à Toulouse, une toute petite minorité en bénéficiait... Je suis entrain de réfléchir et je crois qu'une seule y avait accès!!!!

Beaucoup de familles m'ont dit qu'on leur refusait l'orthophonie... que soit disant leur enfant n'était pas encore prêt... N'importe quoi... Battez vous pour y avoir accès le plus tôt possible, c'est primordial. (Comme je l'ai dit à certains, les orthos interviennent à la maternité, alors... Et puis pour l'histoire de "il est entrain d'apprendre à marcher, donc il peut pas apprendre à parler en même temps"... haha, la bonne blague. Les enfants typiques font comment? De plus cela n'a absolument rien à voir...)

Ensuite dans ceux qui y allaient... l'orthophoniste cherche à faire parler l'enfant... J'ai envie de dire... normal c'est son travail, c'est son "but final". Mais en attendant? On fait rien? On attend? On supporte les crises et l'incompréhension? On choisit tout à la place de l'enfant? On ne lui offre jamais la possibilité de faire des demandes? On ne lui propose pas de support pour la compréhension de la parole?

Toutes les familles qui ont accès à un moyen de communication alternative, quel qu'il soit peuvent témoigner du BOULVERSEMENT que cela apporte lorsque l'enfant commence à pouvoir faire des choix, dire oui ou non, faire des demandes, pointer etc... Tout un tas de chose que le travail sur un moyen de communication alternative permet.


Faire le choix de la communication alternative CE N'EST PAS renoncer à faire parler l'enfant.

Au contraire.

C'est le respecter en tant que personne avant tout, ayant des envies, des préférences, comme un être communiquant et en présupposant sa capacité (aussi minime soit elle dans certains cas) à communiquer.

C'est offrir un support à la compréhension, que l'enfant ait ou non une déficience intellectuelle.

C'est permettre de structurer l'ensemble de la sphère langagière (au sens large et non au sens de la parole) dans le cerveau de l'enfant.

C'est lui offrir des repères divers, dans le temps, dans l'espace.

C'est l'aider à discriminer les mots, les sons, le sens d'un mot, à rendre concrêt le "brouhaha" de parole qui l'entoure.

C'est lui permettre de participer à la vie de famille et d'interagir avec son environnement, avant d'avoir la capacité de parler.

C'est aussi accepter que pour certains enfants l'acquisition de la parole sera longue mais que ce n'est pas une raison pour le priver d'un moyen de s'exprimer.

Imaginez vous si vous n'aviez AUCUN moyen de dire ce que vous voulez, aucun moyen de vous faire comprendre, à part en pleurant, hurlant ou grimaçant... Quelle serait votre attitude....?

C'est garder en tête que le développement langagier au sens large, tout comme le développement moteur sont les grandes bases du développement de l'enfant, de son développement cognitif, de ses capacités d'apprentissage et de compréhension du monde qui l'entoure.

Certains enfants ont des "traits autistiques" parfois dûs à leur maladie, parfois dits secondaires, dûs à l'absence de possibilité de communication.

...

...

...


Certains (beaucoup?) d'orthophonistes sont encore très réfractaires à la communication alternative en général.

Encore une fois, certes ce n'est peut-être pas leur but de départ (je ne sais pas précisément ce qu'on leur enseigne à l'école). Mais, si ce ne sont pas les orthophonistes qui permettent aux enfants de mettre un pied dans le monde de la communication, alors qui va le faire?(réponse les parents, les parents d'enfants handicapés, qui doivent toujours être multifonction, avec tendance sur-humaine / super-héros...)

On entend encore aujourd'hui des médecins, des ORL, des orthophonistes et j'en passe, dire que introduire la langue des signes chez les enfants sourds les empèchera d'acquérir la parole et le français écrit... Pourquoi? Pourquoi es ce qu'on ose encore dire ça alors que toutes les études prouvent le contraire? (et de même dans beaucoup d'autres handicaps!!!!)

Avoir un moyen de communication où on se sent bien / une langue qu'on maitrise correctement, est la BASE pour avoir envie de communiquer et donc de s'ouvrir à d'autres moyens de le faire, que se soit d'autres langues ou d'autres canaux (passage du visuel à la parole, de la gestuelle à la parole, enrichir sa parole par la gestuelle etc...)

Rappelons par exemple qu'une des "modes" actuelle de l'éducation est le "baby-sign", c'est à dire qu'on propose la langue des signes à des bébés et très jeunes enfants typiques pour leur permettre de s'exprimer plus tôt, pour limiter les crises et soutenir le développement de la parole... Donc, si on résume, et sans ironie, on donne la langue des signes aux enfants typiques (et entendants) mais on ne la donne surtout pas aux enfants sourds et/ou handicapés moteur et/ou intellectuel... Marrant non? pffff


Tous les parents qui ont commencé la communication alternative témoigneront de la force de celle ci. Tous diront à quel point cela a changé leur vie et celle de leur enfants. Tous constatent que l'enfant a beaucoup plus d'interactions, qu'il se met à chercher à interagir. Lorsque l'enfant en a les capacités, ils constatent que cela le tire largement vers la parole.

Associer un mot à quelque chose de concret (type picto ou signe) est beaucoup plus facile que l'acquisition d'un mot seulement exprimé oralement. Mémoriser un mot associé à une image ou un signe est bien plus aisé. Plus tard, dire ce mot en l'associant à l'image ou au signe sera aussi plus facile et plus encourageant.

En effet l'enfant sera mieux compris par son entourage, même si la parole est (très) approximative... puisque celle ci sera soutenue par une image ou un signe.

Le fait d'être compris et donc de voir les conséquences de son "expression", encourage largement l'enfant à continuer.


Bien sur les enfants ont tous des capacités différentes.

Peut-être certains enfants ne parleront jamais.

Peut-être certains n'auront pas les capacités cognitives pour rentrer dans la communication, quelque soit le mode de communication utilisé.

Peut-être certains ne parleront jamais de manière totalement intelligible pour les personnes qui n'ont pas l'habitude de les côtoyer, mais ils pourront s'aider de pictos, de synthèses vocales etc pour se faire comprendre, à condition qu'on leur permette d'y avoir accès.

Peut-être certains enfants (et adultes), sans forcément avoir de handicap moteur ou auditif signeront toute leur vie car ils ont des séquelles trop sévères au niveau de certaines aires cérébrales, ou bien une trop forte dysphasie ou dysarthrie.

Mais, dans tous les cas, il faut partir du principe que l'enfant a des capacités. On ne sait peut-être pas encore lesquelles, on ne sait peut-être pas encore jusqu'où il ira, mais on commence par Y CROIRE, et tout faire pour lui donner un accès, aussi minime soit-il à la communication.

Pour ceux qui ont des enfants qui ne s'expriment pas du tout, imaginez vous si vous l'ameniez seulement à dire oui ou non!!!!

Rappelez vous que cela peut-être long, mais ne désespérez pas. Signer ou proposer des images pour accompagner la parole et aider à faire des choix est une excellente chose, même si l'enfant ne semble pas y répondre au départ.


Parler est un acte extrêmement complexe, que certains ne soupçonnent même pas. Les personnes qui ont un handicap moteur, même sans problèmes cognitifs peuvent avoir des difficultés extrêmes à acquérir la parole. Il en est de même pour d'autres types de handicaps, dits "invisibles" tels que les dysphasies, les aphasies etc... J'en avais parlé par ici...

 

 

COMMENT?

Les différentes méthodes de communication alternative :

LSF

PECS

MAKATON

AUTRES

 

LSF :

La Langue des Signes

Article d'origine ici

Pour ce deuxième article sur la communication alternative, un sujet qui me plait particulièrement, je vous présente, la LSF!

Bon ok, on pourrait croire à une blague, me connaissant, ma passion pour cette langue et tout, mais c'est tout à fait sérieux. La LSF est un des moyens de communication alternative les plus fonctionnels.


Pourquoi?
Elle offre un support visuel pour tous les enfants, et particulièrement à ceux :
 - qui ont des difficultés de discrimination des sons,
 - qui ont des troubles de la compréhension,
 - pour qui le canal visuel est plus performant que le canal auditif (ce qui est souvent le cas chez les enfants autistes, mais aussi dans d'autres handicaps).

Pourquoi elle est fonctionnelle?
Car les mains, on les a toujours sur soi, contrairement aux pictos par exemple. De plus, c'est une langue à part entière, et l'intérêt de prendre des signes "codifiés" et que à l'extérieur du cocon familial l'enfant pourra être compris. Bien sur comprennez là qu'il faut que les autres personnes aient appri la LSF, mais on peut débuter de façon assez simple entre les livres et internet.

Pour qui?
Je vais faire une réponse un peu stupide, mais, pour TOUS! En ce moment c'est un peu la "mode" du "baby sign", donc vous avez surement déjà entendu parler des bébés signeurs.
Elle permet à l'enfant de s'exprimer avant l'acquisition de la parole, et est un excellent support pour l'émergence du langage oral.
Au niveau plus "handi", c'est sur qu'avec un enfant aveugle ça ne serait pas évident (et peut-être pas très utile) quoi que cela soit possible, les sourds-aveugles utilisent la LSF. Bref.
Même un enfant qui a des difficultés de motricité fine ou de coordination peut utiliser la LSF. Les signes seront probablement un peu déformés, mais cela n'est pas si grave, dans la mesure du possible bien sur. Signer peut parfois être plus simple que parler. On avait vu à quel point la coordination de la parole était une chose difficile.
C'est parfait pour les enfants dysphasiques, dyspraxiques bucco-faciale, autistes, déficients intellectuels etc...
(En ABA VB, Diane Fraser prone : PECS + SIGNES + PAROLE puis SIGNES + PAROLES, puis si possible juste PAROLE)

Comment ça marche?
Les sourds n'épellent pas chaque mot... La dactylologie est très utile dans certaines situations, mais, on ne s'en sert que très rarement.
Un signe représente un mot ou un concept. On ne signe pas les déterminants. Ça serait très difficile et très long d'expliquer toute la grammaire de la LSF, et là n'est pas le sujet! Donc, je pense qu'il faut retenir dans un premier temps que pour l'enfant un mot = un signe, et puis très vite il peut associer 2 signes pour faire des petites phrases comme "veux manger" "papa parti" "moi dodo"...

Comment je m'y prends?
Internet est une mine d'or, et particulièrement UN endroit, qui est un peu mon QG lorsque je révise : Wiksign ! On tape le mot qu'on cherche et paf le site cherche sur tous les dicos de LSF du net.
Pour commencer c'est parfait. On peut chercher les signes principaux et les proposer à l'enfant (éventuellement associés à des pictos). C'est pratique de voir le signe en vidéo, car il y a aussi les livres, mais là déjà ça se corse un peu.
Quand on est habitué à voir des signes, on comprend assez bien, mais parfois quand on est novice c'est pas évident.
Monicas compagny est l'édition la plus connue, elle a beaucoup de produits autours de la LSF, donc les deux livres les plus réputés :
Bébé signe (64 signes)
Signe avec moi, beaucoup plus de signes, celui que je vous conseille.
Sinon ils proposent aussi des CDRom et tout, ce qui peut-être pas mal.
Site officiel de signe avec moi
Ils proposent des formations, ça peut être bien en première intention si vous voulez vraiment vous lancer.

Ensuite au niveau des livres plus poussés il y a IVT qui en fait qui sont vraiment bien. Moi j'ai "le poche" qui est un dico avec 1600 entrées, c'était très bien en première et deuxième année, maintenant pour moi ça commence à être un peu limite, mais c'est déjà bien approfondi.

Bien entendu si la LSF devient la langue principale de l'enfant les cours de LSF s'imposent!
Les parents de Camille par exemple prennent des cours de LSF car la LSF est LE mode de communication de Camille.


La LSF ext un excellent support pour l'oral. Elle permet de développer d'autres cannaux de réception / compréhension / expression. Elle n'utilise pas les mêmes aires cérébrales que la parole, donc elle est très intéressants pour les enfants qui ont des troubles, elle peut permettre de contourner le problème.
Beaucoup d'enfants dont il y a les liens dans la colonne de gauche ont utilisé ou utilisent toujours la LSF : Camille, Hector, Lina, Mathilde, Rémi, Sixtine...

Je vous laisse aller faire un tour sur la chaine de vidéo de cette maman. Attention, les signes sont ceux de l'Americain Sign Langage, mais les vidéos sont super!
N'hésitez pas si vous avez des questions! Des choses à rajouter etc...
http://farm3.static.flickr.com/2472/3803861916_84b9bf29e7_o.jpg

http://farm4.static.flickr.com/3502/3803861842_eb45f3bda1.jpg


http://farm3.static.flickr.com/2652/3803046611_03d9e248f1.jpg
http://farm4.static.flickr.com/3544/3803861702_03a7fe9872.jpg
http://farm4.static.flickr.com/3489/3803861632_759cc4446f.jpg
http://farm4.static.flickr.com/3456/3803861546_3efd68e8b8.jpg
http://farm4.static.flickr.com/3479/3803046305_e6fc972dd9.jpg
http://farm3.static.flickr.com/2452/3803046239_caac5a5eee.jpg
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Toutes ces images viennent de .

PECS :

La méthode PECS ou communication par échange d'images
Article d'origine ici

En quoi ça consiste?
C'est une méthode de communication alternative pour les enfants non verbaux. Elles est très utile dans de nombreux cas.
C'est très simple. On imprime des petites images / photos qu'on va utiliser avec l'enfant. Ensuite, l'enfant doit donner l'image ou la pointer pour obtenir quelque chose, faire un choix, répondre à une question etc...

C'est extrêmement simple à mettre en place. Des formations existent, mais pas besoin de cela pour se lancer. Après, pourquoi pas pour savoir comment s'y prendre pour la suite. Mais pour plein de choses toutes simples c'est très utile de commencer, même si on n'est pas encore formé.

Il existe plusieurs phases d'acquisition dans la méthode PECS : les voici, expliquées par http://forums.autismeactus.org

Phase 1: L'échange physique
-Utilisation de renforçateurs (nourriture ou objets) dans le but de motiver la communication
-Aménagement du contexte : 1 enfant assis, 2 entraîneurs, 1 objet préféré, et 1 image.

-Protocole d'entraînement:
a. Quand l'enfant amorce un geste pour prendre l'objet préféré, l'adulte derrière va diriger le geste de l'enfant pour lui faire prendre l'image et la donner à la personne devant lui.
b. On va passer de l'assistance physique complète à une assistance physique réduite.

Phase 2: Augmenter la spontanéité
-Ajouter un tableau de communication sur lequel vont être placées les images .
-Durant cette phase, l'enfant va apprendre à aller à son tableau de communication, prendre l'image de l'objet désiré et aller la porter à des intervenants variés. L'adulte doit replacer l'image sur le tableau.

Phase 3: Discrimination d'images
- rendre l'enfant capable de choisir l'image appropriée parmi d'autres images sur son tableau de communication.
- Utilisation de plus d'une image à la fois en s'assurant que l'enfant prend la bonne image.
- discrimination entre une image appropriée et une image non appropriée
- discriminer entre 2 images d'objets préférés.
- vérifier la correspondance afin de s'assurer que l'enfant prend l'image de l'objet préféré.
- Important :changer la position des images pendant l'entraînement afin que le repérage ne soit pas basé sur la position des images.

Phase 4: Structurer une phrase
- Montrer à l'enfant à faire une phrase pour formuler ses demandes en utilisant un carton phrase et l'image ''je veux".
- image ''je veux "fixe : nous plaçons l'image ''je veux "sur le carton phrase, nous entraînons l'enfant à placer l'image de l'objet désiré à coté de ''je veux" et à aller donner le carton phrase à l'intervenant à qui il formule sa demande.
- déplacement de l'image ''je veux ": l'enfant doit déplacer l'image ''je veux "la mettre sur le carton phrase ,placer l'image de l'objet désiré à côté (fournir aide au besoin )

Stimulation verbale: quand l'enfant donne le carton phrase, le tourner vers lui et dire la phrase en pointant les images.
- référents non visibles : enlever immédiatement l'objet que l'enfant a demandé et reçu.

Phase 5: Répondre à la question ''qu'est-ce que tu veux ?
- Utilisation du carton phrase et de l'image ''je veux "
- L 'entraîneur pointe l'image ''je veux" et demande à l'enfant "qu'est-ce que tu veux ?
- Par la suite on retarde l'incitation gestuelle (pointage de l'image),puis on l'enlève.

Phase 6: Commentaires spontanés et réponses.
- Il faut amener l'enfant à répondre aux questions:
- '' Qu'est-ce que tu veux ? "
- '' Qu'est-ce que tu vois ? "
- '' Qu'est-ce que tu as ? "
- Pendant l'entraînement, utilisation de renforçateurs tangibles et sociaux chaque fois que l'enfant complète un échange.
- L'entraînement va se faire avec une incitation gestuelle (pointage )que l'on va diminuer graduellement en alternant les questions posées. La partie la plus difficile est d'entraîner l'enfant à répondre successivement aux questions ''qu'est-ce que tu vois ? "et ''qu'est-ce que tu veux ? "

Plusieurs choses importantes à mes yeux :
- Les personnes n'aquièrent pas toutes l'ensemble des phases. Mais, franchement, là n'est pas le problème. Pour certaines personnes, y compris des adultes, PECS est d'un secours incroyable, il permet l'amorce de la communication.
- De plus, souvent l'utilisation des pictos permet de décoincer le langage, et la parole peut venir avec.
- C'est très important pour permettre aux enfants (et aux adultes) qui ne peuvent pas s'exprimer autrement, de dire ce qu'ils ressentent, de faire des CHOIX, de dire NON etc... Chez les enfants non verbaux PECS permet bien souvent de réduire les crises de façon significative, cela est valable dès  lors qu'on propose un mode de communication alternatif adapté quel qu'il soit, à toutes personnes ayant des difficultés à communiquer.
- N'hésitez pas à vous lancer, il n'y a pas de "risques". (Commencez par des photos ou même des boites comme par exemple un morceau de boite de gâteau que l'enfant donne en échange d'un tout petit morceau de gâteau etc...)

Ce que j'en pense :
- Lorsque j'ai découvert cela, dans un cours d'orthophonie, au Québec, j'étais emmerveillée! Je me souviens de l'orthophiste qui nous montrait plein de vidéos, et surtout l'évolution des enfants et je trouvais ça complètement fou.
- Étant donné la facilité de mise en place, c'est souvent le premier mode de communication alternatif que je conseille aux parents.
- Même si cette méthode "sauve" bien des situations, même si elle est géniale et comporte plein de points positifs, elle reste quand même peu fonctionnelle dans le sens où il faut toujours avoir les pictos sur soi... C'est pour ça que la méthode MAKATON dont je vous parlerais bientôt est très intéressante aussi. Car elle introduit en plus les signes de la LSF, et ça, on les a toujours sous la main. (mais elles les méthodes ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients. PECS est facilement utilisable, y compris avec des personnes ayant un handicap lourd, c'est ce qui fait sa force.)
- On pense très souvent à tord, que cette méthode est destinée uniquement aux enfants autistes. C'est totalement faux! Elle est très utile dans bien des situations de handicap différents, des troubles sévères du langage au polyhandicap.

On trouve des infos et des formations chez PECS France, (mais les prix sont exorbitants selon moi) et sur plein de sites consacrés à l'autisme. Donc on fouille un peu sur internet et on voit ;) .
On parle de PECS chez Camille et chez Sixtine par exemple.

Mes sites préférés pour les pictos:
http://www.do2learn.com/picturecards/printcards/index.htm
http://www.picto.qc.ca/
http://pdictionary.com/
http://membres.multimania.fr/cigale76/picto/

Enfin, deux sites de flash cards, ce ne sont pas des pictos au départ, mais cela permet de faire travailler le langage, et bien souvent on peut s'en servir comme pictos :
http://www.eslflashcards.com/
http://www.mes-english.com/flashcards.php
Suite au commentaire d'Anne, je rajoute un site que j'avais oublié (je l'avais trouvé chez Sixtine je crois la première fois). Merci Anne!

http://www.catedu.es/arasaac/

 

 

MAKATON :

LE MAKATON

Article d'origine ici

Où? Qui? Quand?

Le "programme Makaton" a été inventé par Magaret Walker, une orthophoniste anglaise, en 1973-1974.


Pour qui?

Pour les adultes et les enfants présentant des troubles de la communication, quelle qu'en soit l'origine.


Comment ça fonctionne, quelles en sont les bases?

L'idée du Makaton est d'offrir une communication dite "multimodale".

Makaton utilise les signes de la LSF, des pictogrammes symboliques, et la parole.


La LSF est utilisée dans un but fonctionnel, "on a toujours ses mains sur soi..."

Les signes utilisés sont parfois un peu en décalage avec ceux de la LSF actuelle, car premièrement comme cela a été crée en Angleterre il y a des "traces" de la langue des signes anglaise, et deuxièmement parce que la langue des signes, comme tout langue, évolue, et que les signes du Makaton n'ont pas forcément évolué avec...

Les signes permettent de s'exprimer en toutes circonstances. Comme je le disais dans mon article précédents, les études réalisées à ce sujet montrent toutes que l'utilisation des signes favorise l'accès à la parole.

Souvent, à cause des difficultés motrices, les signes sont "approximatifs". Il peut être difficile au début pour les parents de comprendre tel ou tel signe. Petit à petit l'enfant se perfectionne, et les parents et professionnels aussi. Tout le monde progresse ensemble.

De plus le fait d'avoir la volonté de signer et de se faire comprendre permet à l'enfant de travailler sa motricité fine sans s'en rendre compte...

L'accès aux signes peut permettre aussi, plus tard, d'utiliser l'épellation, la dactylologie si l'enfant rentre dans l'écrit...


Les pictogrammes renforcent les signes et la parole. Ils permettent une meilleure compréhension pour les personnes autour de l'enfant, ils peuvent "préciser" le signe ou l'oralisation.

Il est tout à fait envisageable, comme pour PECS, de faire un classeur de communication avec des pictogrammes, que l'enfant pourra utiliser si besoin, et qui pourra être utilisé lors du travail à table si l'enfant en fait.

Les pictogrammes de Makaton sont des symboles et non des photo ou représentation réalistes comme on utilise parfois lorsqu'on commence PECS. Ce qui n'empèche pas, à mon sens, d'utiliser aussi (ou dans un premier temps) des photos ou des représentations réalistes pour faire comprendre à l'enfant l'intérêt de la communication par échange d'images.

Les pictogrammes sont aussi très bien pour les enfants ayant de grosses difficultés motrices.

Les pictogrammes permettent aussi des travaux très divers :

     - travail sur la structuration spatiale (un pictogramme par pièce)

     - travail sur la structuration temporelle (emploi du temps visuel par exemple)

     - organisation de séquences à réaliser (pour se laver les dents il faut....)

     - travail sur les sentiments (type smiley)

     - jeux divers permettant le développement du langage oral et de signes.

     - entrée dans la lecture et dans l'écrit grâce aux histoires en pictogrammes.

     - aide à la compréhension de la structuration des phrases

     - ...


A noter ici que l'ensemble des choses citées ci-dessus peuvent aussi bien être réalisées avec PECS ou avec des images. La méthode TEACCH utilise beaucoup ces principes. L'avantage du Makaton pour les parents c'est que en une formation, on a accès à beaucoup de choses : les pictos, les signes, comment s'y prendre etc... Ce qui ouvre un très grand nombre de portes et donne donc plus de chances à chacun d'y réussir...


L'oralisation est constante, sur les signes et sur les pictos. L'intervenant ou l'entourage de l'enfant oralise aussi sur ce que l'enfant signe. De cette manière on peut s'assurer qu'on ne comprend pas de travers. On renforce aussi le côté oral.

Je me répète, mais pour l'enfant les pictogrammes et les signes aident à la structuration du langage oral.


Makaton permet beaucoup de choses à l'enfant. Il peut par exemple raconter quelque chose avec des pictogrammes, se mettre à faire des choix et des demandes... etc... tout ce que j'ai abordé dans cet article.


Très bien tout ça, mais comment on s'y prend?

Et bien l'idéal dans le meilleur des mondes c'est 1 - trouver une orthophoniste formée au Makaton, 2 - faire la formation Makaton proposée par AAD dont je vous mettrais le lien en fin d'article.

Concrètement, il y a assez peu d'orthophonistes qui pratiquent Makaton, mais ça vaut le coup de chercher. Si vous en trouvez une/un normalement vous serez les bienvenus aux séances. Dans tous les cas l'idéal c'est de pouvoir y assister car de cette manière vous pourrez suivre l'évolution de votre enfant, bien voir les signes qui y sont abordés, et donc, par la même occasion apprendre vous aussi.

La formation donnée par AssociationAvenirDysphasie vous sera une aide précieuse, pour la compréhension de la méthode, pour l'apprentissage des signes et des pictogrammes. (mais bon, c'est sûr que vous vous sentirez plus rassurés si vous avez une othophoniste pour vous accompagner). 


Et l'entourage???

En général les signes déclenchent un intérêt fort de la part de la fratrie qui trouve ça plutôt rigolo, qui apprend comme une éponge, et est bien contente de trouver ENFIN un moyen d'interagir avec son frère ou sa soeur.

Pour les parents et les professionnels autour de l'enfant.. il faut s'y mettre. Pas facile au début de signer en même temps qu'on parle. Pas facile de réaménager notre ancienne façon de faire.

Mais, l'entourage est clairement nécessaire. L'enfant qui ne pratiquerait Makaton que chez son orthophoniste et ne serait pas compris chez lui lorsqu'il signe ne verrait pas vraiment l'intérêt de communiquer de cette manière là. C'est pourquoi l'idéal est de pouvoir assister aux séances d'orthophonie...

Toujours dans le meilleur des mondes, l'ensemble des pros autour de l'enfant seraient formés...


Oui mais...

Voyons les inconvénients...

- la formation est assez chère et prend plusieurs jours.

- c'est assez contraignant au début, il faut s'habituer.

- parfois c'est long avant que l'enfant se mette à signer ou à utiliser les pictogrammes donc on aurait tendance à se décourager. Sauf que... Lorsqu'on apprend à parler ça ne se fait pas du jour au lendemain. Il y a une longue période où nous écoutons, regardons le monde qui nous entoure, enregistrons et structurons tout ça dans notre tête. Pareil pour l'apprentissage des signes et pictogrammes.

- Chez certains enfants cela ne fonctionnera pas. Peut-être... Peut-être que certains n'auront pas les capacités cognitives pour y arriver. Mais, il ne faut jamais oublié que les capacités cognitives sont liées aux capacités langagières au sens large. Ça serait donc dommage de ne pas essayer et tout faire pour que ça marche, même si ça n'est que minimum.


Les avantages :

Le principal avantage c'est le "multimodale".

Comme je le disais plus haut, beaucoup de points que j'aborde dans cet articles sont aussi réalisables avec d'autres méthodes, par exemple que les signes, ou PECS ou etc... L'avantage ici c'est qu'après avoir fait la formation, ou, avec un orthophoniste, votre enfant a accès à 3 "modes différents" de communication, ce qui lui donne toutes les chances pour mieux comprendre et mieux s'exprimer. Cela lui permet aussi de s'approprier de mode de communication le plus adapté à ses capacités.


Où je trouve les informations?

La mine d'or c'est par ici : http://www.makaton.fr/ Je me suis largement inspirée de ce site pour écrire mon article.

Si vous le demandez vous pourrez recevoir gratuitement un DVD de présentation de la méthode. Je l'ai fait, je l'ai reçu le lendemain! Bien sur ça fait un peu "monde des bisounours" dans le DVD car ils ne montrent que des cas où ça a très bien fonctionné, mais cela permet d'avoir un bon apperçu de la méthode.

Sur ce même site vous trouverez la liste des professionnels et des parents formés.

Vous trouverez aussi toutes les explications concernant la formation, du matériel pédagogique à acheter ou à télécharger etc...


Sinon, dans les p'tits z'@mis on a quelques adeptes :

Sixtine, dont la maman a toujours des idées formidables. Elle a participé à la formation Makaton et utilise régulièrement des supports.

Et, comment parler de Makaton sans parler d'Alicia et "son joli monde"... une mine d'or. Plein de super supports à télécharger, pas mal d'exemples et d'explications...


Note perso :

Ce n'est pas une méthode que je pratique actuellement, et je n'ai pas la formation. Toute correction de l'article ou toute précisions sont les bienvenues.

Si je suis convaincue de l'utilité de la LSF et de PECS pour les avoir utilisé très régulièrement avec des enfants handicapés, je suis aussi convaincue de l'avantage qu'offre Makaton pour le côté multimodale et pour la formation proposée qui ouvre plein de portes.

Cela étant, tout ce que j'ai écrit peut un peu effrayer, et peut-être vous ne vous sentirez pas de vous lancer la dedans sans avoir fait la formation ou sans avoir l'aide d'une orthophoniste. Je peux très bien le comprendre.

Dans ce cas, je vous encourage vivement à commencer la communication alternative, que se soit par PECS, ou par la LSF, dans les deux cas vous trouverez des liens pour vous aider à démarrer à dans mes articles.

Peut-être certains d'entre vous sont encore très réfractaires à la communication alternative car vous avez en tête le fait que votre enfant parlera un jour, et surtout parce que vous souhaitez qu'il parle. Ce sont deux choses bien normales, mais cela ne vous empèche en aucun cas de lui donner un coup de pouce en attendant...



Enfin, pensez "pratique". Vous trouvez ça difficile de commencer la communication alternative? Voici juste quelques idées :

- L'alimentaire est souvent une bonne base de départ. Vous pouvez découper des morceaux d'emballage (les différents type de desserts, les gâteaux disponibles etc) et les apposer sur votre frigo ou sur vos placards. L'enfant peut ensuite faire son choix en pointant, et s'il en a les capacités en donnant l'image.

- Pour débuter du côté des parents, utiliser des photos est souvent d'un très grand secours. Prenez des photos de vous, des pros qui entourent l'enfant, faites un cahier avec ces photos pour pouvoir parler des différentes personnes et éventuellement leur associer un signe.

- Faire un classeur ou un cahier avec des "catégories" de photos ou de pictogrammes. Par exemple prenez en photos les jouets favoris de l'enfant et faites lui pointer sur la page "jeux" ce à quoi il veut jouer etc...

- Les photos sont très souvent un excellent point de départ pour l'enfant (tout comme les boites d'emballage). L'idéal c'est de les associer avec les pictogrammes, comme ça l'enfant peut voir la photo et le picto, cela l'aide à comprendre. Puis par la suite il pourra se passer des photos. (ceci n'est absolument pas une méthode en particulier, ou du moins pas une que je connaisse, par contre c'est quelque chose que j'ai déjà mis en place sur le terrain et qui fonctionne très très bien. Cela permet de démarrer la communication alternative de manière très simple pour tout le monde.)

- Pensez à toujours renforcer +++ l'enfant lorsqu'il communique, quelque soit son moyen de le faire.

 

Témoignages MAKATON

 

Autres :

Attention, je ne prétends pas avoir fait le tour des moyens de communication alternative. Beaucoup d'autres existent, comme les synthèses vocales, les contacteurs, les tableaux de communication, les méthodes de communication en surdi-cécité, etc... J'enrichirais la page au fur et à mesure.

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"La différence est la plus belle chose que nous ayons tous en commun..."

"Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents? C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences..." (Anna Gavalda, "Ensemble c'est tout")

Le fond du blog, que j'ai créé exprès mais qu'on ne voit pas vraiment : 

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